Docteur en épistémologie, histoire des sciences et technologies.
Thèse: Plantes Génétiquement Modifiées, controverses communication et idéologies. Soutenue à Jussieu (Paris VII) Nov. 2004
Consultant sur les thématiques biotechnologies, agroalimentaires et société.
A écrit la "Querelle des OGM" aux Presses Universitaires de France, dans la collection Histoire des sciences et société de Dominique Lecourt (Avril 2006)
Plusieurs autres ouvrages en préparation
Désintéressement : Mais qui paye l’auteur de La querelle des OGM ?
Avant toute chose il est important de répondre à cette question, cela permettra aux internautes un débat plus serein. Car si l’on ne se pose jamais la question qui paye les porte-parole de greenpeace, les pourfendeurs d’idées reçues sur les OGM sont toujours suspects « financièrement parlant ». D’où la nécessité de mettre les choses au clair.
1) Jean-Paul Oury travaille dans une agence de publicité provinciale qui ne compte parmi ses budgets aucun « professionnel des OGM ».
2) C’est avec son salaire de concepteur-rédacteur que l’auteur a financé ses quatre années de thèse et le temps de rédaction passé sur la Querelle des OGM.
3) Quand l’auteur est invité à participer à un bar des sciences à l’autre bout de la France, ou une journée à l’Assemblée, il pose un RTT. Quand il veut imprimer et relier un manuscrit de thèse de 500 pages, il sort 40 € de sa poche.
4) Outre le désintéressement qui a présidé la motivation de ses années de recherche, l’auteur, ne veut pas non plus enfumer le lecteur : il compte bien vendre quelques livres et se faire connaître.
5) Cependant, si l’auteur avait été davantage intéressé par la vente de livres que par l’envie d’avoir une opinion plausible, il aurait regardé les sondages et aurait raisonné de la manière suivante : « étant donné qu’il y a plus d’opposants que de partisans, j’ai plus de chance de vendre un livre qui descend la technologie, qu’un livre qui la défend. »
6) Après la lecture du livre, on a le sentiment que sous prétexte d’établir des conditions de possibilité du dialogue entre opposants et partisans, l’auteur vient de faire une apologie de la technologie. Et donc on le suspecte d’avoir quelques intérêts dans la chose (action chez un professionnel de l’agro-technologie, par exemple). Il faut alors remarquer que l’auteur se refuse à énoncer tout contenu positif comme « c’est sans danger » ou toute opinion tranchée du style « je suis pour ». Par contre, il refuse tout simplement les raisonnements obscurantistes qui affirment « on ne sait pas, donc on arrête tout », sous le prétexte que ce principe pourrait être généralisé à toute forme de technologie. Son travail est donc davantage un plaidoyer pour la liberté de penser et d’entreprendre que pour la promotion des OGM.
7) L’auteur n’a pas intérêt à résoudre la querelle des OGM trop vite, car sinon de quoi parlera-t-il? Il vénère donc ses adversaires, même s’il pense qu’ils en font beaucoup trop.