OGM... une tribune dans le Monde

Lemondefr_pet Après les Echos, c'est au tour du journal le Monde de publier une tribune que j'ai rédigée sur la thématique fertile des OGM. Le sujet est riche et inépuisable parce qu'il touche tous les domaines. Ici je m'exprime sur l'aspect politique et idéologique de la querelle. Un texte qui arrive juste au moment où les député vont être appelés de nouveau à s'exprimer sur le projet de loi. Alors couac ou pas couac ?

Une comédie sur Monsanto à la sauce dell'Arte

Hier sur Arte,  "le Monde selon Monsanto" a réalisé plus "6,5 points de part de marché" (sic), un record pour la chaîne Arte, qui a diffusé ce documentaire de désinformation scientifique. Marie-Monique Robin, la journaliste à l'origine de ce film, affirme également qu'elle a déjà vendu 20000 exemplaires de son livre et reçu 400 commandes de son DVD. Si cela continue, elle risque de dépasser le chiffre d'affaire de la "multinationale" qu'elle prend pour cible. Nous la mettons en garde, un confrère mal intentionné risquerait un jour de faire un reportage sur "cette journaliste qui s'est enrichie en agitant le spectre de la multinationale malfaisante pour faire peur à son public".
En faisant de la provocation de la sorte, je vous invite spontanément à prendre votre téléphone et à appeler Marie-Monique Robin, qui a prévenu sur son blog: "J'appelle tous les lecteurs volontaires de ce blog à exercer leur vigilance en me signalant tout papier sur Internet qui pourrait s'apparenter à du "marketing viral" destiné à jeter le trouble sur la validité de mon enquête."
Mais avant, vous avez sans doute mieux à faire: à commencer par vous plonger dans l'analyse détaillée de ce qu'elle affirme sur les OGM par l'AFIS,.
Ensuite, pour un travail approfondi, je me permettrai de vous renvoyer à mon ouvrage, où vous trouverez, par avance, une critique de toutes les inepties sur les OGM qui se trouvent dans ce film : entre-autre une étude approfondie de l'affaire Pusztaï et une analyse épistémologique du principe d'équivalence en substance, principe que Marie-Monique Robin n'a visiblement pas compris ! Vous y trouverez également, une analyse des stratégies de communication des firmes Monsanto et de l'ONG Greenpeace. Je démontre comment l'arrivée des PGM a été vue par Monsanto comme une occasion de se reconvertir en passant de la chimie industrielle à l'agrofourniture, donc d'évoluer vers une agriculture plus propre. On signalera d'ailleurs que l'artisan de cette reconversion, Bob Shapiro, était friand d'écologie et qu'il voyait dans ces nouvelles technologies l'occasion de continuer à produire de manière intensive et durable. Il suffit de se reporter à la charte établie par Monsanto en 1990 (« réduction du gaspillage, opérations sanitaires, agriculture durable, attention portée à l’eau du sol, ouverture vers la société civile, optimisation de la profitabilité de la nature, nouvelles technologies. »). Difficile de penser qu'à l'époque, il s'agissait d'une stratégie de communication quand on sait que le groupe n'avait pas vraiment de problème avec les ONG comme il en a aujourd'hui et que surtout, il ne communiquait jamais vers les consommateurs.
De toute évidence, ce documentaire se situe dans le cadre de la polémique publique (à distinguer de la controverse scientifique). Le seul intérêt de ce reportage: il obligera sans doute la firme à renforcer  davantage ces process de qualité et à mieux communiquer sur son activité à destination du grand public. Son principal inconvénient: une fois de plus, propager des rumeurs et des contre-vérités sur les OGM et, au final, faire que l'ignorance et l'obscurantisme scientifique règnent sans partage dans notre société.

Revue de presse

A l'approche du Grenelle de l'environnement, la querelle des OGM fait le tour du web. Je vous signale une interview sur News.fr , ainsi qu'un numéro spécial OGM de Science et pseudo-sciences de l'AFIS (Association Française pour l'Information Scientifique)

Manque de recul

Alors que la Confédération Paysanne fête ses 20 ans, on manque toujours de recul pour répondre à cette question cruciale: "Lequel est le plus dangereux des deux ? Les OGM pour les membres de la Confédération paysanne ou les membres de la Confédération paysanne pour les OGM ?" Il faudra encore de nombreux fauchages et quelques moratoires pour pouvoir décider de la réponse à cette question on ne peut plus difficile. Pas sûr que l'on réussisse à y répondre avant 2012, l'année où José Bové tentera de convertir les 78% de Français qui, d'après les sondages, se disent contre les OGM en voix. Un beau challenge en perspective.

Peut-on mettre un terme à la querelle des OGM ? (en réponse à un article paru sur Agora Vox)

Alors que je m’apprêtais à publier un texte en réponse aux  nombreuses critiques qu’avaient reçues mon dernier post sur Agora vox, un événement tragique est survenu: le suicide de Claude Lagorse, Agriculteur de 46 ans. S’il serait malvenu d’utiliser ce drame, on ne peut cependant pas rester indifférent. Surtout quand on sait que l’agriculteur en question était connu pour son attachement à l’écologie. Or, au travers de ce fait divers, on constate à quel point la querelle des OGM est loin d’être finie. A l’approche du Grenelle de l’environnement, le doute se fait toujours plus ressentir et comme l’a prouvée la double manifestation de Saverdun ce week-end, on ne sait pas qui des biocatastrophistes ou des technoprophètes, pour reprendre des expressions chères à Dominique Lecourt, a raison. Tout cela prouve qu’il est vivement nécessaire de trouver un statut aux OGM dans l’échelle du vivant et que c’est à cette condition que, peut-être, la querelle s’estompera.

Pourquoi il est devenu impossible de parler des OGM sans se faire insulter

Le 11/07, je me demandais sur Agora Vox s’il était “possible de mettre un terme à la querelle des OGM”.  Le simple fait de poser la question m’a valu tout un tas d’invectives et de récriminations. En relisant certains commentaires j’en serai presque devenu pavlovien. Il est clair que le mot OGM agit sur certains comme le sucre que Pavlov donnait à son chien. Le prononcer suffit à provoquer des automatismes: “vous avez osé vous demander si les OGM étaient vraiment si mauvais que nous l’affirmons, donc vous êtes forcément payés par Monsanto!” . De fait parce qu’ils sont dans la critiques les opposants aux OGM imaginent être au-dessus de toute critique. Or le principal intérêt de mon travail de thèse a été de démontrer qu’il existait deux types de critique possible: une première relève de la controverse (par exemple, le débat sur la détermination des tests d’allergènicité) et se présente sous la forme d’un dialogue contradictoire mais constructif ; la seconde relève de la polémique (faire croire, par exemple, qu’un reportage sur les OGM a été censuré pour créer un scandale, alors qu’il est passé à une heure de grande écoute) et est un non-dialogue qui se termine en pugilat. Or si les OGM suscitent si facilement la polémique, c’est que leur nature n’est pas claire pour tout le monde et qu’elle continue de susciter la fascination dans l’esprit de chacun. Et qui dit fascination, dit un mélange de peur et d’admiration. Il est donc essentiel de revenir sur quelques a priori pour clarifier cette nature et dissiper ce sentiment étrange à leur égard.

Le paralogisme des anti-OGM

S’il n’a jamais été formulé tel quel, ce que nous avons baptisé “le paralogisme des anti-OGM” est une tentative de notre part de synthétiser un enchaînement de trois faux raisonnements que l’on retrouve fréquemment. On peut le formuler de la sorte: 
“- Tout ce que la nature fait est bon
- Les OGM ne sont pas naturels
- Donc les OGM ne sont pas bons.”
On a bien ici 3 contre-vérités qui s’enchaînent dans un raisonnement apparemment cohérent: tout d’abord, tout ce que fait la nature n’est pas forcément bon (je vous laisse y réfléchir). Ensuite, dire que les OGM ne sont pas naturels suppose que sans l’intervention de l’homme, on ne peut trouver des êtres à l’état sauvage qui pourraient être considérés, de par leur patrimoine génétique, comme des OGM, c’est-à-dire, dont le matériel génétique ne serait pas simplement issu du croisement entre deux espèces parentes. Or, le biologiste Conrad Lichtenstein, par exemple, a démontré que des plantes comme le tabac ou le blé, à l’état sauvage, possédaient des gènes qui avaient été obtenus par transfert horizontal de l’information (mode de transfert identique à celui des OGM). Donc on peut en conclure que la nature peut spontanément produire par elle-même ce que l’on considère aujourd’hui comme des OGM. Enfin, affirmer “les OGM ne sont pas bons”, c’est soutenir que tous les OGM ne sont pas bons. Or, il faut pour les OGM, comme d’ailleurs pour toute autre technologie, appliquer ce que nous avons appelé le “principe de cas par cas”. Un exemple: la culture du colza GM en Europe n’a pas été autorisée, parce que le pollen de colza pourrait essaimer et se croiser avec la moutarde des champs, rendant ainsi cette mauvaise herbe résistante aux herbicides. Un autre exemple est celui du soja dans lequel on avait introduit un gène de noix du Brésil, un allergène notoire. Aussi, on a décidé de ne pas commercialiser cet OGM. Mais que dire, par contre, d’un maïs conçu pour consommer moins d’eau ? Qui aura-t-il de mal dans cette plante quand les agriculteurs du Gers pourront l’utiliser en pleine sécheresse ? En fait si du point de vue scientifique l’analyse des risques doit s’en tenir au principe selon lequel “l’absence de preuves ne signifie pas la preuve d’absence”, sur quelle base se fonde-t-on pour dire qu’un être qui a été obtenu par le biais de la transgenèse végétale sera nécessairement mauvais ?

La somme de tous les dangers ?

Nous voici donc à un point fondamental du débat : les OGM concentreraient en eux tous les maux de l’agriculture intensive: risques sanitaires incontrôlables, recours intensifs aux intrants, concentration des solutions entre les mains de quelques multinationales, risques de monocultures...  pourtant, aucun de ces problèmes n’est apparu avec les OGM. Pour ne pas dire que la technologie permet, pour certains d’entre-eux, de rectifier le tir. Pour ce qui concerne les “risques incontrôlables”, de l’avis des experts, jamais la mise sur le marché de nouveaux aliments n’a été autant surveillée que celle des OGM. Ensuite, de nombreuses études démontrent que cette technologie permet d’utiliser moins d’intrants. Quant à la concentration des solutions entre les mains de quelques grands groupes elle est bien moins la conséquence de la technologie elle-même que de l’opposition à la technologie: ainsi les agriculteurs de la coopérative Limagrain ont pu se doter d’un laboratoire de recherche pour produire leurs propres OGM. Mais si Biogemma n’a pas pu mener à terme ses essais et développer la technologie, c’est bien parce que les faucheurs ne l’ont pas voulu, s’en prenant indifféremment à toute forme de recherche. Enfin, en ce qui concerne la monoculture, si certains critiquent le fait que les agriculteurs privilégient les cultures qui leur apportent plus de rendements à moindre efforts, ils peuvent également imaginer que les chercheurs possèdent dans leurs tuyaux toute une panoplie d’innovations qui feront que le marché des OGM contribuera davantage à la biodiversité qu’à la monoculture. Les consommateurs décideront bientôt s’ils veulent du soja enrichi en oméga 3 et du riz enrichi en vitamine A... Reste encore à traiter le problème de ce que certains ont baptisé “la pollution génétique”; il apparaît clairement que ce problème en est un parce que les OGM ont été présentés comme des plantes contre-nature. Parce que sinon, le flux génétique est un phénomène naturel qui concerne toutes les plantes. Or, admettons l’objectivité de ce problème dans le cas de “plantes médicaments”, dans le cas du colza évoqué plus haut, ou encore celui de la proximité avec un champ de semences bio. Là encore, il existe des solutions: on peut confiner les champs ou castrer les plantes. Finalement, à y regarder de plus près, on voit que c’est toujours le même point de discorde qui a mis une loupe grossissante sur tous ces problèmes: la nature des OGM; autrement dit, le fait qu’ils ne soient pas le fruit du mélange entre deux patrimoines génétiques qui peuvent s’associer spontanément entre-eux par le biais de la reproduction. Et comme nous l’avons démontré dans la querelle des OGM (PUF,2006), c’est un vieux problème qui remonte à Aristote. Ce dernier disait dans son Histoire des animaux, que ce qui définissait une espèce, c’était la capacité que les êtres avaient de se reproduire entre eux. Les animaux hybrides étant inclassables, ils étaient considérés comme des monstres. Un être qui transgresse la barrière des espèces est donc forcément un être contre-nature. Soit, mais n’est-ce pas là une vision restreinte de la nature ?

Une vision élargie de la nature

Quand j’ai commencé mon enquête sur les OGM en 1999, comme la majorité des consommateurs français, j’étais “plutôt contre”. Je pensais a priori que cette technologie cherchait à réduire le vivant à une matière première (la fameuse vision réductionniste) et que cela n’était pas légitime d’un point de vue éthique et environnemental. Ensuite pour avoir beaucoup lu les discours des opposants j’étais persuadé que cette technologie recelait une quantité de dangers incroyables. Mais à force d’enquêtes, j’ai fini par me rendre à l’évidence que beaucoup des soit-disant dangers énoncés n’étaient que des risques potentiels étudiés de très près et avec grand renfort de commissions et de budget de recherches. Puis, fait paradoxal, je me suis aperçu que les protagonistes des OGM avaient bien des préoccupations environnementalistes. Les mêmes que les miennes en fait (pour rassurer le lecteur, je précise que je roule à vélo et que je trie mes déchets depuis 1993). Parce que les chartes écrites par Monsanto dans les années 80 ne pouvaient pas être que des résidus de stratégies de communication et que les faits sont têtus, il fallait bien rendre compte d’une manière ou d’une autre de cette volonté. Et pour cela, la seule manière était de comprendre qu’il existe deux visions de ce que l’on dénomme “développement durable”: la première consiste à vouloir ressusciter un monde vierge de toute intervention humaine, la seconde à trouver un équilibre qui n’a peut-être jamais existé et qu’il faut s’efforcer de mettre en place en utilisant toutes les solutions technologiques qui se trouvent à notre disposition. Selon cette dernière vision, les OGM apparaissent comme une technique parmi d’autres pour atteindre l’objectif de satisfaire les besoins de l’humanité sans détériorer l’environnement qui assure la viabilité de celle-ci. Selon la première vision, les OGM sont une solution qui l’éloigne toujours plus d’un pseudo-paradis perdu. Selon la seconde, on peut accepter la transgenèse végétale comme une modification possible du vivant qui permet de résoudre certains problèmes tels que l’utilisation d’une quantité moindre d’intrants, d’énergie fossile...  La vision réduite du vivant n’est donc pas forcément du côté qu’on le croit. Elle est bien davantage du côté des “grands prêtres” qui voudraient nous imposer les normes de ce qui doit être considéré comme “naturel” et de ce qui ne le doit pas, que de ceux qui pensent que l’homme prolonge la créativité du vivant en développant les possibles qui se trouvent en lui.   

Pour un droit à cultiver des OGM

Finalement, quand nous affirmons aujourd’hui que la querelle des OGM est essentiellement de nature idéologique, que voulons nous dire ? Non pas que les questions à l’égard de la sécurité alimentaire et des risques environnementaux ne sont pas fondées. Toutes les interrogations qui peuvent faire progresser et l’une et l’autre sont nécessaires et légitimes. Ce qui l’est moins c’est le fameux paralogisme des anti-OGM. Or si on peut savoir grès aux critiques environnementalistes d’exiger toujours plus de mesures de sécurité de la part des industriels, on ne peut que dénoncer l’attitude qui consiste systématiquement à critiquer une technologie a priori et ce, du fait d’une vision restreinte de la nature, vision que certains voudraient imposer au reste de l’humanité. Mais que l’on nous explique donc ce que c’est qu’un être “contre-nature”. S’agit-il d’un monstre qui échappe à toute forme de prise par l’entendement humain et qui se meut dans le surnaturel ? S’il est plus impératif de s’interroger sur les conséquences qu’aura l’introduction d’une nouvelle semence sur le marché, sur quel fondement repose la croyance qui consiste à dire que les plantes qui ne sont pas issues d’un croisement inter-spécifiques sont plus dangereuses que les autres parce que moins naturelles ?
De tout cela, il apparaît qu’il devient absolument nécessaire de donner un statut clair aux OGM dans l’échelle des êtres. Or nous sommes certain que si ce statut avait existé et qu’il avait été pleinement reconnu, Claude Lagorse vivrait encore aujourd’hui. Car c’est peut-être présomptueux de notre part que de penser que cet agriculteur a eu peur que ses amis et sa famille le prennent pour un Faust des temps modernes, mais quelle autre explication donner ? En effet, si vous cultivez du bio et que l’on vient à apprendre demain que vous avez planté des OGM en cachette, ne va-t-on pas dire de vous que vous avez vendu votre âme au diable ? Et pourtant n’aviez-vous pas vos raisons d’aller vérifier par vous-même si ces plantes sont si mauvaises que le prétendent vos amis, ou si elles peuvent apporter quelques avantages en rapport avec une meilleure gestion de l’environnement comme l’affirment ceux qui en ont déjà cultivé ? Alors oui, si les OGM pouvaient être reconnus comme des êtres faisant partie de la chaîne du vivant, sans doute que la confusion idéologique n’aurait jamais eu lieu. Et sans doute le suicide de Claude Lagorse ne pourrait être que le scénario d’un romancier. Malheureusement l’idéologie s’en est mêlée et la crainte du “on dit” l’a emporté. Nous voudrions offrir ce texte en hommage à l’agriculteur décédé qui a eu le courage de vouloir se libérer du diktat d’une idéologie... en espérant que les politiques et les citoyens qui participeront au futur Grenel de l’environnement seront capables de pousser jusqu’au bout son intuition: les OGM sont une solution parmi d’autre sur la voix du développement durable, elles ne peuvent pas tout, mais s’en priver totalement est un risque au moins aussi grand que les développer au cas par cas. Ayons au moins le courage de regarder la vérité en face.

Jean-Paul Oury, docteur en histoire des sciences et technologie, auteur de La querelle des OGM (PUF 2006)

Les OGM peuvent tuer, c'est enfin prouvé !

Editoquotidienlu
On l'avait échappé belle en novembre, à côté de Bordeaux lorsqu'un agriculteur avait sorti son fusil pour se défendre contre des bandes de faucheurs. Cette fois-ci, il semble bien que la querelle des OGM soient à l'origine du suicide d'un agriculteur. Comme le rappelle Noël Labelle dans l'édito du journal le quotidien du Luxembourg , on touche là au comble du cynisme, à un tel point qu'il semble que ce drame ait réussi à couper l'appêtit aux faucheurs qui voulaient aller pic-niquer sur le champ OGM. Difficile de tirer une leçon de ce fait divers. Encore plus difficile d'y trouver une morale, si ce n'est que les agriculteurs subissent de plus en plus de pressions comme le montre Christian Pees dans son ouvrage intitulé L'arme alimentaire : Les clés de l'indépendance: un titre qui n'a pas été choisi au hasard.

Téléchargement 03_LeQuotidien_0807.pdf

L'exception culturale continue ?

Nicolas Sarkozy ne s'est pas prononcé en faveur du moratoire sur les OGM promulgué par Greenpeace. On est donc en droit d'espérer qu'il fasse appliquer la directive européenne 2001-18 et qu'il punisse fermement les faucheurs qui s'en prendraient aux expérimentations en plein champ. Or Limagrain a encore subit des fauchages le week-end dernier et parle désormais de partir installer ses expérimentations à l'étranger. Alors que le gouvernement parle d'investir davantage dans le domaine de la R&D il serait bien qu'il mette tout en oeuvre pour essayer de retenir les entreprises françaises qui essayent simplement de se maintenir au niveau international. A moins que l'on tienne à maintenir également une exception française dans le domaine des OGM, comme j'en témoigne dans cet article de Marianne ?
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En réponse à Gilles Eric Séralini

Hier j'ai participé à l'émission Complément terre sur Direct 8 en compagnie d'Hervé Kempf et de Gilles Eric Séralini. En réponse à Monsieur Séralini concernant les informations disponibles sur le MON863, je publie une liste de tous les rapports rendus publics à ce sujet. Je précise que cette compilation a été établie par Marcel Kuntz, directeur de laboratoire au CNRS et auteur de "OGM, l'environnement et la santé".

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Le MAÏS MON863
Résistant à un insecte ravageur, la chrysomèle du maïs.

Les avis scientifiques (tous favorables)

L'avis scientifique allemand (8 avril 2003)

L'avis de l’AFSSA (2 décembre 2003)

Le dernier avis de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) (23 novembre 2004)

L'opinion de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) (avril 04)

QUI INTOXIQUE QUI ? Episode 1

* Une expertise de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) en date du 31 octobre 03, CONSULTABLE SUR INTERNET 
n'est «pas en mesure de conclure à l'absence de risques», «en l'absence d'études complémentaires» sur certaines différences observées chez des rats nourris 90 jours par ce maïs (inflammations du rein, poids des reins, paramètres sanguins)

*L'avis de l'AFSSA (2 décembre 2003) est en revanche pleinement favorable :

AGITATION MEDIATIQUE en 2004:
Le journal Le Monde publie le 23 avril 04 un article intitulé:
L'EXPERTISE CONFIDENTIELLE SUR UN INQUIETANT MAÏS TRANGENIQUE,
faisant état de « malformations observées sur des rats nourris au MON863 [dont] nul n'en aurait jamais rien su si . . . l'avocate Corinne Lepage n'avait forcé la porte de la CGB. . . grâce à la commission d'accès aux documents administratifs».

* La CGB après consultation d'experts externes conclut le 16 septembre 04 que les anomalies sont dues à «la néphropathie chronique progressive» et la «néphrocalcinose», affections communes chez les rats de laboratoire, sans lien avec le maïs.

* La CGB complète son expertise (23 novembre 2004) après une nouvelle étude sur des rats: «les variations observées [du poids des reins] s'inscrivaient dans la gamme des variations naturelles»

* Le Figaro en rend compte dans un article publié le 26 novembre 04 et intitulé:
FAUSSE ALERTE SUR UN MAÏS TRANSGENIQUE. L’article est critique vis-à-vis de C. Lepage (« avant de crier au loup il faut d'abord s'assurer que l'on dispose de résultats scientifiques fiables ») et fait état des conclusions de pathologistes mandatés par la CGB: il s'agit d'une néphropathie chronique progressive qui se développe spontanément chez le rat....

* Le Monde publie le 14 décembre 04 un article sur ces développements intitulé:
POLEMIQUES AUTOUR D'UN OGM, en faisant, non pas son autocritique, mais largement état de la position divergente d’1 membre de la CGB, GE Seralini, qui maintient son opposition au MON863, ainsi que de celle d'une organisation anti-OGM, le Crii-Gen, qui trouve les expertises dépendantes des industriels.

NB.
GE Seralini est par ailleurs membre du Crii-Gen, qui est présidé par C. Lepage
Cette organisation est financée par l'enseigne de grande distribution Carrefour et d’autres.

QUI INTOXIQUE QUI ? Episode 2
La CAMPAGNE 2005 :

The Independent UK publie un article sur un RAPPORT SECRET DE 1139 PAGES DETENU PAR MONSANTO ET QUI PROUVERAIT LA TOXICITE du maïs MON863 ; l’ « info » sera diffusé largement :

*Un communiqué de l'EFSA (24 mai 2004) révèle QU'IL S'AGIT EN FAIT DU DOSSIER QU'ONT EU ENTRE LEURS MAINS TOUTES LES AGENCES d’évaluation des risques :

* L'étude a depuis été publiée dans le journal Food and Chemical Toxicology (février 2006)

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MAÏS MON863 : publications récentes peer-reviewed
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(copier-coller les liens entiers) :

Etude sur des RATS

Etude sur des COCHONS

Etude sur des VEAUX

Les propriétés des maïs hybrides MON863

L'OPINION FAVORABLE EMISE par l'AUTORITE EUROPEENNE de SECURITE SANITAIRE en 2004

Sources :

LettreInfoPGM : http://tamise.ujf-grenoble.fr/wws/info/lettreinfopgm

LES OGM, L'ENVIRONNEMENT ET LA SANTE, M. Kuntz (Ed. Ellipses), page 119.

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J'invite donc cordialement tous les téléspectateurs à relire ces informations et à prendre également connaissance des résultats de la dernière étude en date de Monsieur Séralini dont je n'ai pu malheureusement trouver qu'un résumé sur le site de Greenpeace.

Je précise que je ne mets nullement en cause les résultats de Monsieur Séralini, ni ces intentions, je souhaite simplement par ce geste montrer que les études sur le sujet ne manquent pas comme l'ont laissé entendre hier, lui et monsieur Kempf.

Président Greenpeace

Cette année pour les élections, c'est Greenpeace qui choisit le président. Pour être élu, il suffit d'une seule mesure : imposer un moratoire contre les OGM. Tout candidat qui n'aurait pas prévu cette mesure dans son programme se verrait immédiatement recalé. Pis, il serait l'objet d'une campagne de publicité outrancière et subirait les foudres des militants de l'association. C'est ainsi que Nicolas Sarkozy, seul candidat à ne pas s'être prononcé sur la question du moratoire, a eu droit à une benne complète de maïs OGM devant son QG de campagne. Dans l'étude que nous avons effectuée sur la communication de Greenpeace, nous avons montré que l'ONG a initié la polémique en s'enchaînant dans le port d'Anvers en 1996 lors de l'arrivée des premières cargaisons de soja OGM. Depuis l'association a multiplié toutes les formes de pression et de chantage contribuant ainsi à créer de toute pièce le danger des OGM. Ainsi, cela nous a toujours interpelé de voir que les militants de Greenpeace vont faucher équipés de combinaisons, alors que ceux de la confédération paysanne y vont en bras de chemise... Deux manières de percevoir le danger.
En tout état de cause, persuadé de son bon droit, Greenpeace se situe au-dessus de tout type d'expertise et distribue bons points et mauvaises notes à tout le monde et aux politiques en particulier.
A côté de Greenpeace, on pourra se poser la question du courage de nos hommes politiques face aux invectives de l'ONG: "Regardez, 82% des français sont contre les OGM ! Si vous ne signez pas notre pacte, alors nous le ferons savoir et les électeurs vous sanctionneront." On est donc en prise avec un véritable problème de démocratie. Car d'une part, c'est Greenpeace qui a créé de toute pièce le danger des OGM par le biais des différentes actions qu'elle a menées, ensuite, l'opinion publique a suivi et enfin, l'association récolte le fruit de ce qu'elle a semé et peut manipuler à sa guise les politiques.
Or si on revient sur la question du moratoire, nous pensons qu'il est tout à fait inapproprié à un pays comme la France.
Pour plus d'arguments sur ce sujet, nous renvoyons aux deux derniers chapitres de notre ouvrage.
On devrait être en droit d'attendre de nos candidats qu'ils osent se prononcer contre le moratoire (et pas seulement ne rien dire) et avoir le courage d'expliquer qu'il est plus dangereux de se priver d'une technologie qui se développe de manière exponentielle au niveau mondial, que de continuer à faire des essais en plein champ et à développer les variétés dont il est clairement démontré qu'elles sont, non seulement, sans aucun risque, mais également qu'elles peuvent être bénéfiques pour l'environnement (je renvoie pour cela au tout dernier rapport de l'ISAAA ).
Enfin, il est clair aujourd'hui que le problème des politiques, comme celui des citoyens d'ailleurs, n'est pas celui d'être "pour ou contre les OGM", mais d'être "libre ou non d'en consommer" (la traçabilité), "libre ou non d'en cultiver" (le respect de la propriété privée/ la garantie des filières) et enfin, "libre ou non de faire avancer les recherches sur le sujet" (encadrement des essais en plein champs). A voir si la transposition récente de la directive européenne par décret fera progresser les choses: c'est un sujet sur lequel nous reviendrons dans un prochain post.
Mais pour aborder tous ces problèmes, faut-il encore commencer par la "liberté de penser", et là c'est une autre paire de manche...

Les députés pris en otages par Alerte-OGM

De plus en plus, les élections présidentielles semblent être un concours de cahiers de doléances. Chaque association y va de sa demande particulière, prenant bien souvent les élus et autres candidats en otage. On voit même parfois des associations se créer de toute pièce pour défendre des causes. C'est ainsi que des représentants du tout nouveau "Alerte OGM" se sont rendus mardi à l'Assemblée nationale pour remettre aux députés une lettre leur demandant d'agir pour un moratoire sur les semis de maïs OGM 2007". L'association affirme que "Les cultures de maïs envahissent progressivement l'Hexagone" tout en accusant les firmes de vouloir pratiquer la politique du fait accomplis. Pour mener à bien son action, Alerte OGM a remis un questionnaire aux députés et les somme de répondre en sachant que toutes les réponses seront rendues publiques: une manière commode de prendre les parlementaires en otages. En ligne de mire il s'agit "d'aller en justice et poursuivre ceux que nous considérons comme les instigateurs ou les complices d'une pollution génétique sans doute irréversible".
On peut donc s'attendre à ce que la fiction de l'exception culturale que nous décrivons dans La querelle des OGM soit bientôt dépassée par la réalité. Quel député aura le courrage d'aller contre ces associations qui affirment agir au nom de l'opinion publique? Quand on voit que Ségolène Royal trouve "scandaleux" que l'on punisse José Bové pour ces actes de destruction, on peut donc s'attendre en toute logique, que ces élections soient l'occasion pour les anti-OGM de tous bords de régler leur compte aux promoteurs de la transgenèse végétale. Car qui se souciera en ces périodes agitées de savoir s'il existe des moyens de gérer les flux de pollen ? Qui osera remettre en question cette idée fortement discutable de "pollution génétique" ? Et pourtant, c'est bien maintenant que les députés devraient adopter une position ferme et tranchée. C'est en ces moments qu'ils devraient avoir le courrage d'aller expliquer quelles seraient les conséquences pour l'agriculture française d'un moratoire sur un maïs qui est au dessus de tous soupçon !
Mais, on le voit, le débat s'est totalement enfermé dans l'argumentation idéologique au sens fort du terme: les anti-OGM se servent de leurs arguments comme d'une arme pour détruire ce qui va à l'encontre de leurs croyances... Plus que jamais la transposition de la directive européenne se fait attendre. Alors messieurs les députés, un peu de courage que diable, on vous a élu pour cela, non ?

SOUTIEN A MARC FELLOUS ET LA CGB

NOUS PUBLIONS ICI UNE LETTRE DE MARC FELLOUS, PRÉSIDENT DE LA CGB, CONCERNANT LE DOCUMENTAIRE DE CANAL + QUI CIRCULE SUR ACTUELLEMENT SUR LE WEB. NOUS PUBLIERONS PROCHAINEMENT UNE TRIBUNE SUR CE THÈME
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Cher ami,

Vous avez, comme beaucoup de personnes, reçu par Internet un message vous invitant à visionner une vidéo sur les OGM présentée comme censurée.

Cette vidéo n’a pas été interdite d’antenne puisqu’elle a été diffusée sur Canal Plus le 15 novembre 2005.

Cette émission, dans laquelle je suis interviewé, porte sur un maïs génétiquement modifié présenté comme dangereux pour la santé, et une étude de toxicité qui aurait été volontairement dissimulée. Ce document manque d’objectivité, et accumule les erreurs et les inexactitudes ; avec des coupures bien choisies, l’on me fait tenir des propos, qui sortis de leur contexte, donnent lieu à interprétations erronées. D’ailleurs, M. Le Député Jean-Yves Le Déaut, alors président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a écrit dans ce sens au rédacteur en chef de l'émission, une lettre de violentes protestations.

Revenons sur ce qui s’est réellement passé :
La CGB, saisie pour effectuer l’évaluation scientifique du dossier de mise sur le marché du maïs génétiquement modifié MON863, s’est interrogée sur les résultats d’une étude de toxicité sur les rats qui montraient des différences entre le lot témoin et les rats nourris avec l'OGM, sur différents paramètres biologiques. La CGB a alors demandé, à plusieurs reprises, des informations complémentaires (re-examen des coupes histologiques par des experts renommés, nouvelles données sur le poids des reins et autres études toxicologiques impliquant le même maïs transgénique) et a fait appel à un spécialiste français dans le domaine, avant de conclure au fait que les modifications observées correspondent à des anomalies fréquentes chez le rat de laboratoire et n’ont pas de signification quant à la toxicité du maïs OGM. Après plusieurs examens du dossier, la CGB a donc finalement conclu, à l’issue de 5 avis, à l’absence de risque pour la santé, par rapport à un maïs conventionnel.

On peut s’étonner que M. Gérard Pascal, membre de la CGB, toxicologue, rapporteur du dossier, et qui a été à l’origine des questions posées par la CGB sur le dossier, n’ait pas été interrogé par Canal+.

Il est regrettable que les interrogations de la CGB sur un dossier, illustrées par les 5 avis émis sur ce dossier et qui font partie du processus normal d’évaluation, aient été utilisées dans les médias pour semer le doute sur la sécurité des OGM autorisés et discréditer la Commission du génie biomoléculaire.


Marc Fellous
Président de la Commission du génie biomoléculaire

Bové en prison: un hygiaphone pour amplifier l'absence de programme?

Comme nous avions déjà eu l'occasion de le remarquer lors du procès de Riom, le vrai problème de José Bové n'est pas les OGM, mais de faire carrière médiatique, et accessoirement pour son avocat Maître François Roux, de prendre fait et cause pour le droit de désobéissance civique. Or jamais dans le feuilleton Bové, il n'est question de discuter sur le fond la question des OGM. Ce sont les mêmes arguments qui reviennent depuis bientôt plus de 10 ans et on ne se pose même plus la question de savoir s'ils sont fondés. Le danger est posé a priori sans être vraiment discuté... Ce alors même que la technologie est en passe d'être banalisée au niveau mondial. Au moment même où José lance sa campagne présidentielle, voici qu'on décide enfin de le mettre en prison, assurant ainsi à l'homme une notoriété médiatique extraordinaire qui va lui permettre de combler les lacunes de son programme et de faire quelques jeux de mots : "Au bagne ou à Aubagne". La Gaule en a mal au côtes de rire, il se pourrait bien cependant que demain, elle doive compter ses abattis. Bové a fait un faux procès aux OGM pour se faire connaître, il se réjouit désormais d'aller en prison pour booster encore davantage sa notoriété et sa campagne électorale... Un feuilleton médiatique passionnant qui cache une réalité: le vide sidéral de la pensée de Bové et sur les OGM et sur son programme ! D'où l'utilité d'un hygiaphone pour amplifier l'absence de propositions.

Bové candidat à la présidentielle?

Sans aucun doute stimulé par l'effet Hulot, José Bové s'apprêterait à endosser la candidature au nom du collectif des anti-libéraux. On ne pourra que s'étonner de la date choisie. En effet, des bruits de couloir laisseraient entendre que la directive européenne 2001-18, jusqu'à présent jamais transposée en droit français (raison pour laquelle la France est mise à l'amende par Bruxelles) devrait, sous toute réserve, passer devant les députés à l'Assemblée en février 2007. Drôle de coïncidence donc. Bové s'apprête-t-il lui aussi à aller voir les candidats pour leur faire signer une charte sur les OGM ? Cela n'est évidemment que pure conjecture de notre part. N'empêche-que, le porte-parole de la confédération paysanne a toujours été très habile pour faire avancer son sujet et sa notoriété de paire dans les médias. En tous les cas, si Bové représente les anti-libéraux et s'il obtient ses signatures, espérons qu'il y aura au moins un candidat libéral pour lui faire front. Car à quoi une candidature anti-libérale servirait-elle alors s'il n'y avais pas en face une candidature authentiquement libérale et pas supposée telle, ce qui change tout et dans l'acceptation du candidat, et dans la compréhension de ce qu'est le libéralisme.

OGM: l'Etat français à l'amende pour manque de courage politique !

Voici que l'on voudrait mettre sur le dos des OGM, le manque de courage de nos politiques. En entendant les news sur RTL ce matin, il a fallu que je prête l'oreille à deux fois pour comprendre que ça n'était pas de la faute des OGM, mais celle de l'Etat français qui avait plus de 4 années de retard dans la transposition de la directive européenne qui vise à encadrer le développement des OGM. Comme nous le disions dans un post plus haut, c'est une des raisons qui fait, par exemple, que l'on ne sait pas aujourd'hui où se trouve le droit et que les agriculteurs désemparés tentent de faire eux-mêmes la justice (voir le dernier épisode de José Bové et les faucheurs, prêt de Bordeaux). Alors pour une fois, évitons les amalgames: ne traitons pas comme un problème d'environnement, un problème politique. Que nos élus ne souhaitent pas parler d'OGM pour des raisons politiques soit ! Il y avait des élections en 2002, (rappelons qu'Octobre 2002 était la date butoir pour la transposition de la directive), il y a de nouveau des élections en 2007 et personne n'a eu le courage entre temps de prendre une position ferme sur le sujet ! Mais n'accusons pas les OGM d'une nouvelle faute qu'ils n'ont pas commise. le problème est que: tant que les hommes politiques gouverneront à vue de sondages, il ne seront pas en mesure d'avoir une vision claire sur les OGM. Certaines enquêtes montrent que "les français ne sont pas pour", mais comme nous l'avons démontré dans la Querelle des OGM, pour juger d'une technologie, il faut l'utiliser. Or comment les français pourraient-ils juger des OGM, alors que tout ce qu’ils peuvent en dire, ils le tiennent soit de la bouche des militants anti-OGM, soient des campagnes de publicité des industriels. Or, tout en étant soucieux de ne pas déplaire, les hommes politiques ne peuvent pas ignorer le fait que la technologie OGM progresse partout dans le monde et toute analyse sérieuse sur le sujet, montre la parfaite inconsistance des dangers dénoncés, ce qu’ils ne peuvent pas ignorer. De ce point de vue, la situation française a quelque chose d'exceptionnel. Même si nous ne sommes pas pour un moratoire tel qu'il a été établi en Suisse, par exemple, nous sommes bien obligé de reconnaître que la situation transalpine a l'avantage d'être claire, juridiquement parlant. Ce qui manque à nos hommes politiques, c'est donc une prise de position claire et tranchée sur le sujet. Et surtout une prise de position qui satisfasse le plus grand nombre: les consommateurs qui veulent être informés de ce qu’ils mangent, les agriculteurs qui veulent pouvoir recourir à la technologie de leur choix (bio ou OGM) tout en étant protégés, et enfin, les chercheurs qui veulent pouvoir expérimenter sans craindre pour leurs essais. A notre connaissance, seul un jeune parti politique s’est engagé dans ce sens: il s’agit d’Alternative Libérale.

Bové en garde à vue: ça devait finir par arriver!

Un agriculteur armé s'en ai pris hier avec son arme à feu aux "faucheurs volontaires" qui ont violé la propriété privée de son exploitation agricole pour venir détruire sa récolte de maïs OGM. On peut s'étonner que ce genre de situation n'ait pas eu lieu plus tôt. En effet, tant que la directive 2001-18 sur les OGM n'aura pas été transposée par les députés et tant qu'un message clair n'aura pas été donné par l'Etat pour empêcher les faucheurs de commettre leurs saccages, ce genre de situation risque de se produire. Les faucheurs continueront de détruire et les agriculteurs qui choisissent de planter des OGM, en toute légitimité seront dans le doute, ne sachant pas s'ils peuvent avoir recours aux forces de l'ordre pour protéger leur propriété privée. Une fois de plus, si on veut éviter de passer de la Querelle des OGM à la guerre civile, il est de la plus haute urgence de rétablir le dialogue, car encore une fois, nous ne cessons de le répéter, la violence commence quand le dialogue est devenu impossible. Mais que faire quand on sait que tous les politiques ont décidé de mettre le sujet entre parenthèse pendant la période des élections présidentielles?

Cessons la querelle

Téléchargez dans ce post l'article rédigé par Claire Berbain du journal Terre & Nature, un hebdomadaire suisse centenaire.Télécharger articleterrenature.jpg (540.9K)

Un riz illégal

Ce post ouvre un espace de discussion dédié à l'actualité. Il s'agit donc d'un appendice aux chapitres de notre ouvrage.

Le riz OGM LL 601 de Bayer fait actuellement la une de l'actualité, parce que, des traces de celui-ci ont été détectées sur sept des dix-neuf échantillons de riz américain testés en laboratoire.

Que peut-on dire par rapport à cette information?
Tout d'abord évitons toute attitude catastrophiste parce que le riz LL 601 "ne présente pas de menace pour la santé humaine ou végétale"

Ensuite on remarquera que du côté de l'industriel, le principe de précaution a été appliqué puisque ce riz a cessé d'être développé en 2001, ce alors même que d'autres riz ont été développés, ce qui prouve qu'une bio-vigilance est bien en place et que les dossiers sont surveillés de prêt.

Ceci dit, on ne sait toujours pas de quelle manière ce riz a pu se retrouver dans la fillière alimentaire.
On a donc affaire à un "incident" sans conséquences pour la santé humaine, mais qui est grave du point de vue juridique. Le principal problème posé est que ce riz est illégal, en ce sens qu'il n'a pas l'autorisation d'être présent sur le marché. On peut alors en tirer la conclusion que l'on court ce risque pour d'autres types d'OGM, y compris des OGM médicamenteux et on peut remettre en cause la capacité des industriels à organiser des filières.

Mais en même temps, on constate que grâce au système mis en place, "le riz illégal", c'est à dire, qui n'a pas de licence, a été détecté et qu'il va pouvoir être récupéré grâce à la traçabilité(on rappellera que dans le cas du maïs Starlink 95% du maïs avait été récupéré).

En résumé, on constate que l'on a à faire à une situation complexe qui nous montre à quel point le principe de précaution est un principe imparfait, ce qui ne remet pas en cause ce principe en lui-même mais les croyances implicites qu’il véhicule.

En effet l'industriel a appliqué ce principe en choisissant de ne pas développer ce riz. Mais, ce riz, se retrouve dans la chaîne alimentaire. Donc on constate que malgré l'application du principe de précaution, on ne peut empêcher un incident. Ceci vaut comme preuve que le risque 0 n'existe pas. Pis, la question du risque 0 est dangereuse, parce qu'elle laisse croire à la possibilité d'une infaillibilité et qu'il existe des technologies sans risque, ce qui est faux.


Si cet exemple peut être utilisé pour démontrer la difficulté d'établir des filières sans OGM, cela ne nous permet pas de démontrer pour autant la dangerosité des OGM. Il nous faudra donc appliquer ici le principe de cas par cas et s'interdire de passer d'un incident particulier pour décrier la technologie dans son ensemble (voir l'exemple d'une PGM dont le transgène serait un allergène). Tout ceci n'enlève rien à la nécessité de toujours perfectionner davantage la mise en place de filières puisque cela fait partie des exigences des consommateurs.

Ouverture

Afin de ne pas restreindre ce blog au seuls lecteurs de La querelle des OGM, nous avons décidé d'ouvrir un post où nous invitons tous ceux qui veulent "parler des OGM" sans discuter des thèses de l'ouvrage à écrire ici.

Conclusion

La querelle des PGM n’est sans doute pas prête de se terminer. Pourtant, viendra sans doute un jour où la technologie sera banalisée. En attendant ce jour, on peut supposer que les controverses se poursuivront, faisant ainsi progresser la recherche. Quant aux polémiques, tout dépendra du courage des politiques à vouloir mettre un terme à la violence et aux entreprises qui seront mises en place par les industriels pour séduire les consommateurs. Enfin, on peut penser que les opposants, se lasseront de répéter le même discours, et concentreront leur énergie sur d’autre sujets beaucoup plus inquiétants.

Impératif d'audace

Que vaut cependant le devoir de recherche et développement sans audace ? En effet, partant du principe que le risque fait partie de toute entreprise technologique, l’impératif d’audace est ce qui permet d’entreprendre librement et c’est ce qui définit d’après nous l’essence de la liberté de l’homme : plutôt affronter le risque que d’obéir à une heuristique de la peur.

Impératif de développement

On a souvent affirmé qu’il fallait s’abstenir de certains développements technologiques pour protéger les générations futures. Oui, mais voilà, comment savoir aujourd’hui quelles seront les technologies de demain ? Ne risque-t-on pas, en faisant l’impasse sur une technologie, au contraire, de rendre les générations futures dépendantes des autres nations qui auront développé la technologie, si celle-ci rencontre un succès historique ?

Impératif d’expertise

Comment pouvoir prétendre préserver l’humanité du danger des PGM si on ne dispose pas soi-même des experts qui sont capables de détecter ce danger ? Voici en quelques mots définis l’impasse dans laquelle les opposants à la technologie se sont fourgués. Or, il semble être du devoir d’une nation de se tenir à niveau scientifique pour protéger ses citoyens, mais aussi l’humanité, si l’on suppose qu’un danger existe.

Devoir

Si le principe de précaution et le principe de cas par cas posent les conditions d’un devoir de recherche, en ce sens que le cadre de la responsabilité du scientifique, de l’industriel et de l’agriculteur s’inscrit dans ces deux principes, cela ne justifie pas encore pleinement la responsabilité d’un point de vue éthique. D’où la nécessité de définir un devoir de recherche et développement.

Etude de cas

Dans la critique de la technologie, on trouve aussi bien une attaque globale contre le nouveau modèle agricole proposé. Ainsi, on entend souvent dire que les agriculteurs se seraient vus imposer les PGM par les industriels. Or cet argument est réduit à néant quand on considère qu’une entreprise de recherche et développement sur la transgenèse végétale peut également être initiée par des agriculteurs.

Cas par cas

De la méthode du cas par cas, qui a vu le jour parmi les experts, nous proposons de passer au principe de cas par cas. On peut faire reposer celle-ci sur trois règles : l’impossibilité de généraliser, le devoir de comparer et enfin, la nécessité de prendre en compte la temporalité. Si l’on respecte ces 3 règles, alors, on peut penser que l’on se trouve sur la voie d’une nouvelle définition de la responsabilité.

Précaution 2

Si nous revenons en détail sur le principe de précaution c’est qu’il joue un rôle fondamental dans le procès. Pourquoi certains tribunaux ont-ils condamné les faucheurs, alors que d’autres les ont disculpés sous peine qu’ils invoquaient le principe de précaution. Nous revenons donc ici en détail sur l’énoncé du principe et voyons en quoi il sert le camp des idéologues environnementalistes.

Responsabilité

Le principe de responsabilité de Hans Jonas affirme que l’homme est responsable pour les générations futures. Par conséquent une heuristique de la peur doit présider au développement scientifique et technique et on doit limiter les capacités de la technologie. Reprenant cette idée, Dominique Bourg circonscrit notre capacité de destruction à la biosphère. Il en conclut alors que nous devons diriger notre procès de fabrication vers une écologie industrielle. Alors que la première démarcher cherche à limiter la technologie, la seconde, elle veut distinguer entre les bonnes et les mauvaises technologies. Il convient donc d’en discuter.

Le procès

Le procès qui est fait aux PGM s’inscrit dans le cadre d’une recherche de la responsabilité de la science et de la technique au sein de la société. En effet, ici, il s’agit de remettre en cause l’attitude responsable du scientifique, du technicien et de l’agriculteur. Il convient donc de mettre cette responsabilité à l’épreuve.

Fascination

La peur des PGM est sans doute bien réelle et présente dans l’opinion. Pourtant, ne doit-on pas plutôt parler de fascination, ce mélange de peur et d’admiration. En effet, alors que certains prêtent tout aux PGM, d’autres lui vouent toutes les tares. Nous étudions donc cette fascination pour le fantastique des PGM.

Intelligence artificielle

Comparer les problèmes posés par l’intelligence artificielle et celui des PGM peut paraître saugrenu au premier abord et pourtant…Pourtant ce que nous avons baptisé les « caractères phénotechniques » nous ramènent directement à cette problématique de l’autonomie de la technique et les PGM accomplissent des opérations à la place de l’agriculteur sans que celui-ci ait besoin d’être présent.

Contre-nature

De même, les opposants ont tendance à affirmer que les PGM sont contre-nature. On rejoint ici une vieille thématique, celle du monstre contre-nature. Or en quel sens peut-on affirmer que des êtres que les lois de la nature autorise seraient en dehors de sa sphère ? Cela ne revient-il pas à nier l’unité du vivant et à introduire une zone d’ombre dans l’être ?

Agriculture durable

De la mise en place de ce discours, nous pouvons reprendre à nouveaux frais une question comme celle de « la transgenèse végétale va à l’encontre de l’agriculture durable ». En effet, les environnementalistes ont coutumes d’affirmer que parce que cette technologie s’éloigne de la nature, elle ne peut pas être respectueuse de l’environnement. Or il convient de voir en quel sens une telle thèse peut être soutenue

Discours techniciste

La présentation des arguments philosophiques permet de mettre en perspective la querelle des OGM. On ne peut s’empêcher alors de se demander s’il est possible de dépasser cette opposition. C’est dans cette optique que l’on propose de mettre en place un discours techniciste, discours que nous voulons débarrassé de toutes les références idéologiques aux notions philosophiques.

Maîtrise

La question de la maîtrise est sans doute la clé de voûte de la dispute philosophique. Alors que les biotechniciens s’appuient sur la découverte du code génétique pour renforcer une possible maîtrise de la nature, leurs opposants, affirment au contraire que cette prétendue maîtrise est illusoire, et que la violation de la barrière des espèces conduira forcément à une absence de maîtrise.

Complexité

Avec le problème de la complexité du vivant, on découvre une opposition radicale entre protagonistes et opposants. En effet, les premiers affirment que le fait que l’on connaisse le matériel génétique introduit permet une meilleure connaissance, alors que les seconds affirment au contraire que l’on ignore tout du devenir du matériel introduit, argument qui leur permet de dénoncer le réductionnisme de la pensée mécaniste et d’affirmer le danger de la technologie.

Continuité

Par rapport à la question précédente, il s’agit ici de déterminer les limites entre le naturel et l’artificiel. Alors que les promoteurs de l’agriculture intégrée s’appuient sur le fait que l’agriculture dans son intégralité participe d’une artificialisation du vivant, les opposants, eux, veulent distinguer entre les techniques qui imitent la nature et celles qui s’en éloignent de manière irrémédiable.

Naturalité

Cette question que nous abordons également dans notre chapitre sur le doute est fondamentale. En fait, alors que la pensée naturaliste réduit la naturalité au transfert vertical de l’information génétique, c’est-à-dire, à la procréation, la pensée mécaniste considère naturel comme tout ce qui obéit aux lois du vivant.

Mécanisme vs naturalisme

Du point de vue de l’histoire de la pensée, la querelle des OGM poursuit la dispute philosophique qui oppose naturalisme et mécanisme. On peut faire remonter cette opposition à la pensée aristotélicienne et comme l’a montré le philosophe Dagognet, elle fait intervenir des thèmes récurrents. Pour ce qui concerne la dispute philosophique des OGM, nous en avons remarqué 4.

Idéologie-(s) ?

Très souvent, les promoteurs de l’agriculture transgénique ont eu tendance à affirmer que l’opposition aux PGM était de nature idéologique. Or ne doit-on pas également s’interroger pour savoir si la promotion des PGM est également de nature idéologique. Ainsi comme le souligne Dominique Lecourt, on retrouve techno-prophètes et bio-catastrophistes dans un duel.

Violence

Les polémiques condamnent donc le discours sur les OGM à l’impasse et mènent directement à la violence, dont les fauchages sont le meilleur exemple. Faire cesser les polémiques est donc un impératif. Pour cela il importe de sortir de la sphère idéologique dans laquelle se sont enfoncés les acteurs. Il convient donc de revenir en détail sur les idéologies en présence.

Opinion

L’opinion publique est-elle contre les PGM ? Alors que certains scientifiques expliquent que l’opinion n’en veut pas parce qu’elle ne comprend pas, les sociologues ont saisi l’occasion pour démontrer la perte de confiance entre l’opinion et l’expertise. Or, on peut tout simplement se demander si cette question a été bien posée. En effet, n’en a-t-on pas à la fois demandé de trop et pas assez à l’opinion. D’une part, on lui demande de juger un objet dont il n’a aucune expérience directe. D’autre part, on lui impose un objet pour lequel il ne peut pas vérifier les avantages. L’opinion peut-elle encore être une référence dans ces conditions?

Journalistes

Les journalistes jouent un rôle fondamental dans la polémique des OGM. Peut-on dire pour autant qu’ils sont à l’origine de ce que pense l’opinion ? Cela impliquerait qu’ils ont la capacité de manipuler celle-ci. Or, si nos études quantitatives et qualitatives des médias ont révélé un certain penchant pour relayer davantage les positions des environnementalistes que celles des industriels, c’est moins par manque de déontologie que par nécessité de respecter le contrat de lecture qui les lie avec leur lectorat.

Industriels

La firme Monsanto est sans conteste le principal acteur de l’histoire des PGM. En effet, en choisissant de réorienter sa production dans le sens de cette nouvelle technologie au tout début des années 80, elle a fait un choix stratégique considérable qui l’a fait passer de l’agrochimie aux biotechnologies végétales appliquées aux solutions d’agriculture intégrées. Or si les PGM s’avèrent être un succès technologiques mondial auprès des agriculteurs, elles sont un échec marketing auprès du public. C’est cet échec que nous expliquons.

ONG

On peut considérer que l’ONG Greenpeace se trouve à l’origine de la polémique. En s’enchaînant dans le port d’Anvers lors de la livraison des premières cargaisons de soja génétiquement modifié en 96, les militants écologistes ont réussi a attirer l’attenti