Les députés pris en otages par Alerte-OGM
De plus en plus, les élections présidentielles semblent être un concours de cahiers de doléances. Chaque association y va de sa demande particulière, prenant bien souvent les élus et autres candidats en otage. On voit même parfois des associations se créer de toute pièce pour défendre des causes. C'est ainsi que des représentants du tout nouveau "Alerte OGM" se sont rendus mardi à l'Assemblée nationale pour remettre aux députés une lettre leur demandant d'agir pour un moratoire sur les semis de maïs OGM 2007". L'association affirme que "Les cultures de maïs envahissent progressivement l'Hexagone" tout en accusant les firmes de vouloir pratiquer la politique du fait accomplis. Pour mener à bien son action, Alerte OGM a remis un questionnaire aux députés et les somme de répondre en sachant que toutes les réponses seront rendues publiques: une manière commode de prendre les parlementaires en otages. En ligne de mire il s'agit "d'aller en justice et poursuivre ceux que nous considérons comme les instigateurs ou les complices d'une pollution génétique sans doute irréversible".
On peut donc s'attendre à ce que la fiction de l'exception culturale que nous décrivons dans La querelle des OGM soit bientôt dépassée par la réalité. Quel député aura le courrage d'aller contre ces associations qui affirment agir au nom de l'opinion publique? Quand on voit que Ségolène Royal trouve "scandaleux" que l'on punisse José Bové pour ces actes de destruction, on peut donc s'attendre en toute logique, que ces élections soient l'occasion pour les anti-OGM de tous bords de régler leur compte aux promoteurs de la transgenèse végétale. Car qui se souciera en ces périodes agitées de savoir s'il existe des moyens de gérer les flux de pollen ? Qui osera remettre en question cette idée fortement discutable de "pollution génétique" ? Et pourtant, c'est bien maintenant que les députés devraient adopter une position ferme et tranchée. C'est en ces moments qu'ils devraient avoir le courrage d'aller expliquer quelles seraient les conséquences pour l'agriculture française d'un moratoire sur un maïs qui est au dessus de tous soupçon !
Mais, on le voit, le débat s'est totalement enfermé dans l'argumentation idéologique au sens fort du terme: les anti-OGM se servent de leurs arguments comme d'une arme pour détruire ce qui va à l'encontre de leurs croyances... Plus que jamais la transposition de la directive européenne se fait attendre. Alors messieurs les députés, un peu de courage que diable, on vous a élu pour cela, non ?

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