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Président Greenpeace

Cette année pour les élections, c'est Greenpeace qui choisit le président. Pour être élu, il suffit d'une seule mesure : imposer un moratoire contre les OGM. Tout candidat qui n'aurait pas prévu cette mesure dans son programme se verrait immédiatement recalé. Pis, il serait l'objet d'une campagne de publicité outrancière et subirait les foudres des militants de l'association. C'est ainsi que Nicolas Sarkozy, seul candidat à ne pas s'être prononcé sur la question du moratoire, a eu droit à une benne complète de maïs OGM devant son QG de campagne. Dans l'étude que nous avons effectuée sur la communication de Greenpeace, nous avons montré que l'ONG a initié la polémique en s'enchaînant dans le port d'Anvers en 1996 lors de l'arrivée des premières cargaisons de soja OGM. Depuis l'association a multiplié toutes les formes de pression et de chantage contribuant ainsi à créer de toute pièce le danger des OGM. Ainsi, cela nous a toujours interpelé de voir que les militants de Greenpeace vont faucher équipés de combinaisons, alors que ceux de la confédération paysanne y vont en bras de chemise... Deux manières de percevoir le danger.
En tout état de cause, persuadé de son bon droit, Greenpeace se situe au-dessus de tout type d'expertise et distribue bons points et mauvaises notes à tout le monde et aux politiques en particulier.
A côté de Greenpeace, on pourra se poser la question du courage de nos hommes politiques face aux invectives de l'ONG: "Regardez, 82% des français sont contre les OGM ! Si vous ne signez pas notre pacte, alors nous le ferons savoir et les électeurs vous sanctionneront." On est donc en prise avec un véritable problème de démocratie. Car d'une part, c'est Greenpeace qui a créé de toute pièce le danger des OGM par le biais des différentes actions qu'elle a menées, ensuite, l'opinion publique a suivi et enfin, l'association récolte le fruit de ce qu'elle a semé et peut manipuler à sa guise les politiques.
Or si on revient sur la question du moratoire, nous pensons qu'il est tout à fait inapproprié à un pays comme la France.
Pour plus d'arguments sur ce sujet, nous renvoyons aux deux derniers chapitres de notre ouvrage.
On devrait être en droit d'attendre de nos candidats qu'ils osent se prononcer contre le moratoire (et pas seulement ne rien dire) et avoir le courage d'expliquer qu'il est plus dangereux de se priver d'une technologie qui se développe de manière exponentielle au niveau mondial, que de continuer à faire des essais en plein champ et à développer les variétés dont il est clairement démontré qu'elles sont, non seulement, sans aucun risque, mais également qu'elles peuvent être bénéfiques pour l'environnement (je renvoie pour cela au tout dernier rapport de l'ISAAA ).
Enfin, il est clair aujourd'hui que le problème des politiques, comme celui des citoyens d'ailleurs, n'est pas celui d'être "pour ou contre les OGM", mais d'être "libre ou non d'en consommer" (la traçabilité), "libre ou non d'en cultiver" (le respect de la propriété privée/ la garantie des filières) et enfin, "libre ou non de faire avancer les recherches sur le sujet" (encadrement des essais en plein champs). A voir si la transposition récente de la directive européenne par décret fera progresser les choses: c'est un sujet sur lequel nous reviendrons dans un prochain post.
Mais pour aborder tous ces problèmes, faut-il encore commencer par la "liberté de penser", et là c'est une autre paire de manche...