Conclusion

La querelle des PGM n’est sans doute pas prête de se terminer. Pourtant, viendra sans doute un jour où la technologie sera banalisée. En attendant ce jour, on peut supposer que les controverses se poursuivront, faisant ainsi progresser la recherche. Quant aux polémiques, tout dépendra du courage des politiques à vouloir mettre un terme à la violence et aux entreprises qui seront mises en place par les industriels pour séduire les consommateurs. Enfin, on peut penser que les opposants, se lasseront de répéter le même discours, et concentreront leur énergie sur d’autre sujets beaucoup plus inquiétants.

Impératif d'audace

Que vaut cependant le devoir de recherche et développement sans audace ? En effet, partant du principe que le risque fait partie de toute entreprise technologique, l’impératif d’audace est ce qui permet d’entreprendre librement et c’est ce qui définit d’après nous l’essence de la liberté de l’homme : plutôt affronter le risque que d’obéir à une heuristique de la peur.

Impératif de développement

On a souvent affirmé qu’il fallait s’abstenir de certains développements technologiques pour protéger les générations futures. Oui, mais voilà, comment savoir aujourd’hui quelles seront les technologies de demain ? Ne risque-t-on pas, en faisant l’impasse sur une technologie, au contraire, de rendre les générations futures dépendantes des autres nations qui auront développé la technologie, si celle-ci rencontre un succès historique ?

Impératif d’expertise

Comment pouvoir prétendre préserver l’humanité du danger des PGM si on ne dispose pas soi-même des experts qui sont capables de détecter ce danger ? Voici en quelques mots définis l’impasse dans laquelle les opposants à la technologie se sont fourgués. Or, il semble être du devoir d’une nation de se tenir à niveau scientifique pour protéger ses citoyens, mais aussi l’humanité, si l’on suppose qu’un danger existe.

Devoir

Si le principe de précaution et le principe de cas par cas posent les conditions d’un devoir de recherche, en ce sens que le cadre de la responsabilité du scientifique, de l’industriel et de l’agriculteur s’inscrit dans ces deux principes, cela ne justifie pas encore pleinement la responsabilité d’un point de vue éthique. D’où la nécessité de définir un devoir de recherche et développement.

Etude de cas

Dans la critique de la technologie, on trouve aussi bien une attaque globale contre le nouveau modèle agricole proposé. Ainsi, on entend souvent dire que les agriculteurs se seraient vus imposer les PGM par les industriels. Or cet argument est réduit à néant quand on considère qu’une entreprise de recherche et développement sur la transgenèse végétale peut également être initiée par des agriculteurs.

Cas par cas

De la méthode du cas par cas, qui a vu le jour parmi les experts, nous proposons de passer au principe de cas par cas. On peut faire reposer celle-ci sur trois règles : l’impossibilité de généraliser, le devoir de comparer et enfin, la nécessité de prendre en compte la temporalité. Si l’on respecte ces 3 règles, alors, on peut penser que l’on se trouve sur la voie d’une nouvelle définition de la responsabilité.

Précaution 2

Si nous revenons en détail sur le principe de précaution c’est qu’il joue un rôle fondamental dans le procès. Pourquoi certains tribunaux ont-ils condamné les faucheurs, alors que d’autres les ont disculpés sous peine qu’ils invoquaient le principe de précaution. Nous revenons donc ici en détail sur l’énoncé du principe et voyons en quoi il sert le camp des idéologues environnementalistes.

Responsabilité

Le principe de responsabilité de Hans Jonas affirme que l’homme est responsable pour les générations futures. Par conséquent une heuristique de la peur doit présider au développement scientifique et technique et on doit limiter les capacités de la technologie. Reprenant cette idée, Dominique Bourg circonscrit notre capacité de destruction à la biosphère. Il en conclut alors que nous devons diriger notre procès de fabrication vers une écologie industrielle. Alors que la première démarcher cherche à limiter la technologie, la seconde, elle veut distinguer entre les bonnes et les mauvaises technologies. Il convient donc d’en discuter.

Le procès

Le procès qui est fait aux PGM s’inscrit dans le cadre d’une recherche de la responsabilité de la science et de la technique au sein de la société. En effet, ici, il s’agit de remettre en cause l’attitude responsable du scientifique, du technicien et de l’agriculteur. Il convient donc de mettre cette responsabilité à l’épreuve.